Philosophie

Le mythe de la monogamie

Publié par Abdel and Co

Les petites filles rêvent du Prince charmant, les petits garçons d’une autre maman… Nous avons presque tous plus ou moins grandi dans l’idée que notre autre moitié d’orange, une âme sœur, nous attendait quelque part et que le vrai bonheur serait de la trouver ou retrouver.
Aujourd’hui, même si souvent le Prince charmant est un peu plus trash, la princesse un peu plus cash, même quand on affiche un certain cynisme, il y a toujours en soi la grande espérance de l’amour à vie.


Cette idée du Grand Amour, absolu, éternel, d’un autre qui nous comblerait totalement, nous laisse penser que la monogamie sexuelle va de soi. Une monogamie vraie où l’on pourrait être fidèle toute sa vie à un seul partenaire, ou à défaut une monogamie sérielle, où l’on serait au moins fidèle le temps que dure la relation amoureuse.
Cette conviction est si bien ancrée en nous qu’elle résiste souvent aux démentis du réel et à tous nos échecs sentimentaux, nous imaginons que la monogamie est la norme et nous culpabilisons toujours plus ou moins quand nos amours sont malheureuses parce que nous avons été trahis ou pris la main dans le sac. Mais la monogamie n’est pas la règle ni chez les humains ni chez les animaux. C’est même une exception. Et elle est presque toujours relative dans la mesure où elle implique très rarement une fidélité absolue.
Prenons les animaux, par exemple. On a longtemps pensé, et cru, que certaines espèces étaient monogames et d’autre pas. Mais des découvertes récentes ont montré que c’était bien plus compliqué que cela. Au point que pour s’y retrouver, les biologistes font maintenant la distinction – elle est aussi valable pour l’Homo sapiens – entre trois types de monogamie : la monogamie sociale, la monogamie sexuelle et la monogamie génétique.


La monogamie sociale, c’est le fait de vivre à deux ; on partage le territoire, les ressources, mais cela n’induit pas d’être sexuellement monogame ni même génétiquement monogame. Beaucoup d’animaux, par exemple, forment des paires pour se reproduire et élever les petits, mais cela ne les empêche pas pour autant d’avoir des activités sexuelles extraconjugales pourrait-on dire et, de fait, d’avoir des petits d’un autre partenaire que le leur.


Chez l’homme, les choses ne sont pas vraiment différentes. La monogamie sociale (le mariage ou ce qui y ressemble), la monogamie sexuelle (l’exclusivité) et la monogamie génétique (tous les enfants sont d’un même père) peuvent coïncider, dans de rares cas, ou former des combinaisons variées, qui laissent beaucoup au hasard des rencontres et à l’improvisation – les mauvais esprits diront, au bricolage.

Pensez à partager

Pour aller plus loin cliquez ici : Infidélités et manipulations

Source : Gilles d’Ambra Azzopardi

A propos de l'auteur

Abdel and Co

Laisser un commentaire