Communication

La loi du mort-kilomètre

Publié par Abdel and Co

1 mort à Paris = 10 morts en province…

Il est indéniable que, sur le plan médiatique, toutes les victimes ne se valent pas.

Dans les écoles de journalisme, on appelle ça cyniquement la « loi du mort-kilomètre ». Plus un événement est distant de nous, moins il éveillera l’attention. Plus les victimes semblent éloignées, moins elles susciteront d’empathie. Une catastrophe éclipse l’autre. L’émotion n’a qu’un temps. Ça, c’est la loi de l’actualité.

Qu’un voisin qui meurt a plus d’impact que cent personnes qui meurent à dix kilomètres et encore plus d’impact que mille victimes à mille kilomètres. Donc, plus l’événement est proche de nous plus il a de l’importance. Ce rapprochement peut être géographique, racial, religieux, continental ou professionnel, appelé aussi Loi de proximité

Ceci est bien visible dans le traitement de l’information.

À l’époque, le Centre pour les médias citoyens de Boston avait comptabilisé, dans la presse américaine, 25 mentions du massacre de Baga pour plus d’un millier de sujets consacrés à Charlie Hebdo. Entre les États-Unis, Paris ou le Nigéria, tout n’est pas qu’une question de kilomètres.

Si les Américains ont davantage été touchés par les attentats de Paris, c’est parce qu’il y a une beaucoup plus forte identification aux victimes françaises qu’aux villageois nigérians dont le mode de vie parait si étranger. Les clichés, bien ancrés, sur l’Afrique, jouent beaucoup. Car c’est l’extraordinaire qui captive l’attention. Quand les violences paraissent récurrentes, voire endémiques, elles n’étonnent plus.

L’internet est peut-être en train de changer la donne. Tout circule plus vite, tout circule plus loin. De plus en plus souvent, des internautes s’en prennent à cette « loi du mort-kilomètre ».

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