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Le pouvoir du contexte partie 2 : Expérience de Stanford effet lucifer

Publié par Abdel and Co

Tout d’abord si vous n’avez pas encore lu la première partie cliquer ici : Le pouvoir du contexte : la théorie du carreau cassé

Le contexte joue un rôle subtil : l’état d’esprit peut être le résultat de circonstances et d’environnements auxquels on ne fait pas nécessairement attention. Le champ de la psychologie est rempli d’expérience qui en font la preuve. En voici des exemples.



Au début des années 70, un groupe de spécialistes des sciences sociales, dirigé par Philip Zimbardo, a voulu découvrir pourquoi les prisons étaient d’aussi vilains endroits. Était-ce parce qu’on y amenait les gens mauvais ou, au contraire, parce qu’elles rendaient les gens mauvais? Pour répondre à cette question, les chercheurs ont décidé d’entreprendre une expérience dans une prison fictive (cellules barreaux, uniformes gardes et prisonniers, etc.) dans l’université de Stanford.

Les sujets de l’étude ont été recrutés par l’entremise des journaux locaux, 21 ont été retenus, soit les plus sains et les plus normaux en vertu des tests psychologiques. Une dizaine de sujets ont été sélectionnés aléatoirement pour personnifier les gardes. Les autres ont joué le rôle de prisonniers.

Zimbardo a été est étonné par ses découvertes. Les gardes, même ceux qui s’étaient dits pacifistes, sont devenus des adeptes purs et durs de la discipline dès le premier jour de l’expérience. Je passe les passages humiliants et l’abus de pouvoir des gardes en forcent les prisonniers d’exécuter d’autres taches absolument arbitraires.

« Parfois, se rappelle un garde, on était assez violents, et on leur criait au visage. Ça faisait partie de l’atmosphère de terreur qui régnait. »

Les gardes sont devenus de plus en plus cruels et sadiques.

« Nous n’étions pas du tout préparés à une transformation aussi intense et rapide » dite Zimbardo.

Trente-six heures après le début de l’expérience, un prisonnier est devenu complètement hystérique et a dû être libéré. Quatres autres sujets ont dû eux aussi mettre un terme à leur participation pour cause de « dépression extrême, rage et angoisse ». À l’origine, l’expérience devait durer deux semaines. Zimbardo y a mis fin au bout de six jours.

De cette expérience, Zimbardo a conclu que, dans certaines situations, les prédispositions d’une personne peuvent être annihilées. Le mot clé ici est situation. Zimbardo ne parle pas d’environnement global ou d’influences majeures sur la vie. Il ne nie pas le pouvoir de l’éducation prodiguée par les parents, de l’enseignement scolaire, des fréquentations, du voisinage; il admet sans difficulté que ces facteurs contribuent à moduler le comportement. Il ne conteste pas non plus le rôle de l’hérédité dans la formation de l’identité; la plupart des psychologues croient du reste que la génétique ou, si l’on veut, la nature dicte la moitié du comportement. Le chercheur soutient simplement que dans certains lieux, circonstances et conditions, tous ces antécédents peuvent être réduits à néant. Il arrive, précise-t-il, que des gens normaux, issus de bonne famille, d’écoles recommandables et de milieux honorables, voient leur comportement profondément altéré tout simplement parce que les détails de leur situation immédiate ont été modifiés.

Le pouvoir du contexte partie 1 : La théorie du carreau cassé

Source : Le point de bascule de Malcolm Gladwell

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