Philosophie

L’âge d’or

Publié par Abdel and Co
L’âge d’or, figure d’un bonheur perdu, représente l’origine de l’humanité, période mythique, idéalisée et paradisiaque. Les hommes vivaient dans une douce prospérité sans travaille ni souffrir. Selon le mythe de l’âge d’or, les difficultés et souffrances présentes sont dues à la perte de ce paradis à cause d’une faute.

L’âge d’or signifie également un futur plein d’espoir, des lendemains qui chantent, un monde de paix. L’anticipation d’un avenir radieux vient des discours politiques et religieux.

C’est aussi le sommet, l’apogée d’un art ou d’une civilisation, dans une évaluation qui s’opère toujours a posteriori.

Hésiode
« D’or fut la première race d’hommes périssables que créèrent les Immortels, habitants de l’Olympe », écrit Hésiode dans Les travaux et les jours, VIIIe av. J.-C.

L’air était d’une douceur extrême, le soleil caressait la terre des ses rayons dorés. Le soir, l’haleine légère de Zéphyr apportait une délicieuse fraîcheur. Les pluies ruisselaient dans la nuit arrosant le sol fertile de sorte que le matin, arbre, fruits et fleurs resplendissaient de beauté. A l’aurore, l’or et la pourpre rendaient les cieux semblables aux roses parfumées. La rosée brillait sur chaque feuille et des parfums suaves et envoûtants l’air.

Dans ce paradis, des sources pures et fraîches jaillissaient du sol ; certaines même offraient une eau parfumée aux essences de fleurs, à la menthe. La terre heureuse donnait ses fruits généreusement sans souffrir de la blessure du soc. Les champs se couvraient d’abondantes moissons. Les arbres croulaient sous les fruits ronds, juteux et parfumés, qu’il suffisait de cueillir.

Ô nature merveilleuse, quel bonheur de vivre en ton sein, chantaient les oiseaux, les sources, la douce brise.

Les hommes vivaient heureux ; il leur suffisait de cueillir les fruits de la terre pour nourrir, d’agrémenter leur reps du miel qui coulait des arbres. Parés de fleurs, ils passaient leur temps a savourer leur bonheur. Ni la crainte d’autrui ou des dangers ne les agitait, ni l’horrible convoitise, ni la haine ne ravageaient leurs cœur aussi purs que les sources des montagnes.

La jeunesse perpétuelle accordait une grâce délicate à leurs visages, et ces êtres qui ne mouraient pas dans les souffrances, s’éteignaient parfois dans un doux sommeil plein de rêves. Riant et bavardant avec leurs amis, ils vivaient ainsi, semblables aux dieux.

Ô race infortunée des hommes qui perdit tous les attributs divins ! Adieu vie éternelle, bonheur, concorde, richesse ! Voici l’âge de fer où le cœur des hommes, empli de haine et de violence, génère la discorde et la guerre.

Déchus de leur vie divine, les misérables doivent s’échiner au travail pour ne récolter que de maigres fruits qui risquent d’être dérobés par un rival malveillant. « De triste souffrances resteront seules aux mortels : contre le mal il sera point de recours.» (tra. V. 201, Hésiode) le destin de l’homme est irrémédiablement tracé.

D’où nous vient cette nostalgie d’un monde idéal, d’un âge d’or à jamais perdu ? ne serait-ce pas notre enfance, ce vert paradis ? L’enfant trouve à ses pieds un monde riche d’inépuisables ressources. Ses yeux d’enfant ne remarquent le travail immense que représente n’importe quel bien, nourriture ou jouet. La vie semble si douce, il n’y a qu’à prendre, croit l’innocent enfant que nous étions.

Ainsi, chacun a connu le pays de Cocagne dont on garde une poignante nostalgie. Mais l’enfant veut grandir et cherche à être un homme ; il lui faut quitter ce pays où il suffit de tendre la main pour avoir.

Utopie
Et pourquoi ne pas placer cet âge d’or, non plus à l’origine du monde mais à la fin ? telle est la démarche des utopiste, qui voient dans l’achèvement de l’histoire, la réalisation des rêves de l’humanité : la paix, la justice, le bonheur sur terre. C’est ainsi que l’on voit naître les utopies, les idéologies et même le millénarisme (les hommes auront mille ans de bonheur lors du retour du Christ), la promesse des lendemains qui chantent, en oubliant qu’utopie signifie, en grec, « lieu de nulle part ». Pourtant la fonction de l’utopie est la critique sociale qui permet de souligner les failles d’un système et également et surtout de rêver à l’idée d’un progrès de l’humanité.

Le lit de Procuste de Hélène Soumet

Est si l’âge d’or est….ici et maintenant

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