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La reaganomie : l’économie reaganienne

Publié par Abdel and Co

Est ce que la France de Macron marche sur les pas du président Reagan, petit retour dans le passé…

Rendre le gouvernement illégitime. Le président Reagan promit un gouvernement plus petit, des budgets équilibrés, moins de réglementations et des réductions d’impôts.

Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes, le gouvernement est le problème!

Reagan

Les gens avaient raison de vouloir des réductions d’impôts; en 1980, la famille moyenne abandonnait 25% de son revenu aux impôts fédéraux. C’est quand même moins que ce que paient la plupart des gens en Europe occidentale. Mais les peuple d’Europe occidentale sont plus avantagés : ils ont l’accès gratuit aux soins, de bonnes écoles, des universités abordables…
Reagan fit pleuvoir les dollars. Le taux d’imposition maximum tomba de 70% à 50% en 1981, puis à tout juste 28,6% en 1986. La loi de 1986 combla certaines failles, mais en creusa d’autres.
Les impôts plus bas allaient-il signifier moins de revenus? Reagan répondit que non.

Cette politique rendre notre économie plus forte, et l’économie plus forte équilibrera le budget, ce que nous nous sommes engagés à faire avant 1984.

Reagan

Reagan réduisit aussi certaines dépenses sociales, mais gonfla le budget militaire au point que les dépenses totales grimpèrent. En d’autres termes : Reagan renforça le gouvernement.
Moins d’impôts et plus de dépenses signifiaient d’énormes déficits budgétaires, bien que Reagan ne l’eût sans doute pas compris : sa politique économique était remarquablement désinvolte.

Ainsi, la politique économique de Reagan se résuma à de la dépense déficitaire. $$$$
En temps normal les dépense déficitaire provoque de l’expansion. Mais pas cette fois-là, ce ne fut pas vraiment le cas.

 


Tu vois, le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuse.

Blondin dans Le bon, la brute et le truand

Après tout, les réductions d’impôts concernaient presque exclusivement les RICHES.
La plupart des dépenses de Reagan disparurent tout bonnement dans la nature (plus de 130 membres de son administration firent l’objet d’une enquête, puis furent inculpés, ou condamnés, un nouveau record).
En outre, en 1982 et 1983, Reagan augmenta les impôts, au point que la plupart des gens, riches exceptès (eux à la baisse bien sûr), durent payer encore plus d’impôts que sous Carter (malgré cela, les budgets de Reagan ne furent jamais proches de l’équilibre).

Il faut le répéter, puisque le mythe est tellement différent :
REAGAN AUGMENTA LES IMPÔTS

La grande raison pour laquelle les dépenses déficitaires de Reagan ne provoquèrent pas beaucoup d’expansion se trouve dans les couloirs mystérieux de la Réserve fédérale.

La Réserve fédérale a la maîtrise de la massa monétaire. En d’autres termes, elle contrôle la politique monétaire.

La FED peut créer un compte bancaire avec de l’argent dessus à partir de rien : c’est de là que viennent les dollars.

Pour mettre cet argent en circulation, la FED achète quelque chose lors d’une opération sur un marché libre. La FED achète généralement des obligations gouvernementales.

Pour retirer de l’argent de la circulation, la FED revend quelque chose.

La FED ajoute ou retire de l’argent jusqu’à ce que le taux des fonds – le taux d’intérêt que se font payer les banques entre elles pour les emprunts d’une nuit, lequel est très sensible aux modifications de la masse monétaire – se déplace jusqu’au niveau que souhaite atteindre la FED.

Moins souvent, la FED fait payer le taux préférentiel, le taux d’intérêt que les banques paient pour emprunter directement à la FED.

Les taux d’intérêt élevés découragent l’emprunt, ce qui décourage la dépense. Ainsi, quand la FEd augmente les taux d’intérêt cela freine l’économie.

Baisser les taux permet un accroissement de l’économie ; mais cela ne marche pas aussi bien. voici un exemple similaire : le fait de tirer sur la ficelle d’un ballon le fait de pousser sur la ficelle ne le fait monter.

L’astuce, c’est le choix du moment : retirer l’argent pour calmer les expansions et le réintroduire avant d’obtenir une dépression.

durant la dépression, la FED avait fait exactement ce qu’il ne fallait pas : elle avait inondé l’économie d’argent dans les année 1920 et repris cet argent au début des années 1930. C’est pourquoi les conservateurs disent que la dépression fut entièrement de la faute du gouvernement, ce qui n’était pas le cas.

Lorsque l’inflation avait atteint 13% en 1979, Paul Volcker, le nouveau président de la Réserve fédérale, augmenté les taux d’intérêt, provoquant une récession en 1980, une année électorale.

Puis vint la dépense déficitaire de Reagan, qui aurait pu être très inflationniste.

Pour contrecarrer l’inondation monétaire de Reagan, Volcker augmenta l’intérêt jusqu’à des taux inouïs, déclenchant une autre récession.

Cela fit enfin cesser l’inflation, au point que les gens cessèrent de s’attendre à ce que les prix montent. Donc, quand les gens disent que Reagan a mis fin à l’inflation des années 1970, en réalité, le crédit en revient à Volcker.

Lorsque Reagan augmenta les impôts en 1983, Volcker fit chuter les taux d’intérêt ; 1984 fut vraiment une bonne année, et aussi une année électorale.

Le gouvernement faisiat toujours des déficits, la FED prit donc l’habitude de tirer sur la ficelle au premier soupçon d’inflation, voire d’augmentation, voir d’augmentation de l’emploi ; les 6.5% de chômage furent redéfinis comme « pleine emploi » pendant les années Reagan.

Additionnons les effets de la dépense déficitaire de Reagan et de la contraction monétaire de la FED, et nous obtenons les bases de l’économie reaganienne.

Une conséquence de tout cela : une dette nationale en hausse constante – dette souscrite au nom des contribuables – et que personne ne sut (ni ne sait) comment régler.

Une autre conséquence : une masse d’argent en croissance constante entre les mains des riches, probablement plus qu’on ne pouvait en investir dans la production. « Probablement » parce qu’il n’est pas sûr que les investisseurs tentèrent seulement de trouver de l’investissement productif. Dans les années 1980, les spéculateurs se déchaînèrent. Wall Street connut une expansion comme il n’en avait plus vu depuis les années 1920.

Réveil difficile en Amérique : l’héritage Reagan

Les années Reagan : dépense délirante, croissance anémique (une année exceptée), poids des impôts ôté aux RICHES pour incomber aux PAUVRES et à la CLASSE MOYENNE, et bulle financière que le gouvernement devait continuer de gonfler.

Cette croissance anémique n’était pas partagée.

Vous pouvez prendre toutes les statistiques, seuls les riches s’enrichirent dans les années 1980… Quand Reagan prit ses fonctions, les USA étaient les plus gros créditeurs du monde. Rapidement, ils devinrent le plus gros débiteurs du monde. Sans parler de l’infrastructure négligée, des coupes dans l’éducation et d’une politique environnementale vouée au profit immédiat.

Journaliste :

– Et les générations future, alors?
James Watt, secrétaire d’état à l’intérieur (1981-1983):

– Je ne sais pas sur combien de générations nous pouvons compter avant le retour du seigneur.

En fait, l’une des raisons pour lesquelles on garde un si bon souvenir de Reagan, c’est qu’il était parti à l’époque où les factures tombèrent… Sur l’administration George H. W. Bush Pére.

Bonus :

Réforme fiscale : « Les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les plus pauvres » note Oxfam 


Extrait du Livre Economix de Michael Goodwin première édition p. 202 – 217

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